Le Bilan de l’âge mûr

Le Bilan de l’âge mûr

Dans moins de 5 ans se profile votre droit à la retraite. Cette période délicate est capitale pour tous aussi avons-nous conçu une méthode d‘accompagnement destinée essentiellement à favoriser un glissement serein entre votre vie professionnelle et ce nouveau chapitre à inventer, celui de la retraite.
Nous travaillerons sur votre prise de conscience de ce qui va changer en quittant votre entreprise mais aussi et c’est très important, en travaillant sur votre personnalité Un projet de vie de retraité (e) bien préparé à la fois psychologiquement et physiquement contribue à une meilleure forme physique et intellectuelle. L’accompagnement dans la mise en œuvre et la construction du nouveau projet de vie va lever une certaine angoisse, vous soulager et baisser votre niveau de stress pour la suite.
Ce temps de bilan vous permettra d’évoquer ce changement et de répondre aux questions pratiques sur votre dossier retraite….quand partir ? Comment faire sa demande ? Que faire pendant la retraite ? Quel sera le montant de ma retraite de base et complémentaire ? Puis je encore travailler ? Comment cumuler un emploi et une retraite ? Nous vous invitons à découvrir et intégrer durant le temps de ce bilan de l’âge mur, des méthodes d’écoute de vous-mêmes destinées à enrichir considérablement cette nouvelle étape de votre parcours de vie.

Pourquoi et comment en sommes nous venus à élaborer le Bilan de l’âge mûr ? A quel type de besoins celui-ci peut-il répondre ?

La démographie met en évidence un vieillissement de la population ; l’espérance de vie va en augmentant. En somme, on vit plus longtemps et on demeure actif au-delà de 60 ans (cf. recul de l’âge légal de la retraite). Le développement dure tout au long de la vie et présente des transformations successives. Le développement psychologique se révèle davantage comme une succession d’âges ayant ses aptitudes, ses centres d’intérêts et ses motivations propres et moins comme une évolution humaine pointant vers un stade d’accomplissement qui serait l’âge adulte. Avec les progrès médicaux, l’adoption de la prévention, les chances de connaître une qualité d’existence jusqu’au derniers moments augmentent.

La survenue de la retraite devient dés lors un passage vers un autre avenir que l’on décide pour soi en fonction des priorités, des intérêts et des ressources disponibles. Jean Claude Kaufmann* parle d’un besoin latent de rattrapage. La personne que j’ai été essaie de concevoir une nouvelle identité et une estime de soi par de nouvelles façons de se réaliser en émotions et en projets.
A l’approche de la cinquantaine pour certains ou de l’âge du départ en retraite pour d’autre, un processus d’individuation se produit ; les repères changent et le rapport au travail revêt un jour nouveau. Un Bilan de l’âge mur peut aider à négocier au mieux certaines métamorphoses qui nous sont difficile d’anticiper en solitaire.
En schématisant à la manière de Jung , nous pouvons opérer une partition comme suit : dans la première moitié de la vie, on cherche à exister dans le monde, à s’y faire une place, à aimer et à être aimé. On s’adapte coûte que coûte en se conformant à son environnement. Une telle attitude faite de renoncements (nous pensons ici aux emprises de la famille, du travail, du milieu d’appartenance…) a un coût psychique important qui est la mise sous le boisseau de pans entiers de notre véritable personnalité. En seconde moitié de vie, le personnage social se fragilise et laisse émerger ce qu’on n’a pas vécu de soi. Ce que nous avions choisi dans la jeunesse apparaît comme un carcan dont l’unique intérêt était de nous faire une place assortie des bénéfices secondaires traditionnels sous la forme de la reconnaissance sociale et de son système de récompenses (distinction, salaire, standing, etc…).
Le Bilan de l’âge mur consistera donc à examiner comment nous avons été façonnés par notre histoire de vie et d’évaluer sincèrement ce qui n’est plus opérant ni porteur de sens au jour d‘aujourd‘hui. Cet état des lieux impose également de vérifier ce qu’il en est de nos choix, notre façon d’aimer, de gérer nos anciennes blessures et nos désillusions. Il s’agit d’une forme de mutation pouvant entraîner le doute et la dépression puisque les anciennes certitudes se dérobent et que la peur de l’inconnu est latente. On se sent comme écartelé entre le besoin impérieux d’être en phase avec ce que l’on pense être et l’usure ou la lassitude de devoir pour quelques temps encore incarner ce personnage social et son cortège d’obligations. Gilles Deleuzeà ce propos de préciser : « il y a des cas où la vieillesse donne non une éternelle jeunesse mais au contraire une souveraine liberté (…) n’est on pas délivré de l’imitation, du souci de plaire, des rôles ? ». La personne demeure inachevée la vie durant, car elle est investie dans une histoire qui s’écrit jour après jour. Simplement, le temps nous est compté et malgré les rallonges, il nous incombe de le saisir à bras le corps.
A ce propos, dans un récent ouvrage, Christophe Fauré insiste bien sur le caractère d’urgence de l’action ; si l’on n’accepte pas cette mutation au moment où l’on a l’énergie pour le faire, c’est fini indique t‘il. Il y a urgence à prendre soin de son corps car il va porter les projets d’une vie et les mener le plus loin possible, à revisiter les relations avec ses parents, ses enfants, à se repositionner dans sa vie professionnelle, à questionner sa relation de couple…

Le Bilan de l’âge mur doit intégrer cette mutation et promouvoir l’action pour soi en fonction de son réel dans une volonté d’expansion de soi. Le Bilan va fonctionner comme une recapture méthodologique du temps qui nous est donné pour se recréer du sens et de l’initiative à notre manière et selon nos conceptions propres. C’est l’entrée dans une liberté intérieure où les critères ne proviennent plus de l’employeur mais de soi-même. Cela suppose de se livrer préalablement à un état des lieux entre nos deux moitiés de vie en incorporant le plus honnêtement possible (d’où l’importance de la guidance méthodologique du psychologue) les différents points de résistance ; la liste est longue ; entre les maladies, le couple qui bat de l’aile, le départ des enfants, les inappétences au travail par saturation, déréliction et que sais je encore…Trouver la voie, trouver sa voie n’est pas chose simple. Il semble impératif pour la sauvegarde de notre estime de nous même, de pouvoir donner un sens à sa vie, pour soi et pour les autres.
A titre illustratif, John Izzo énumère ce qu’il désigne comme les « cinq secrets de vie » que sont les points suivants :

- être intègre avec soi-même
- ne laisser aucun regret derrière soi
- vivre dans l’instant présent
- apprendre à aimer, vivre et agir de façon aimante envers soi-même et autrui
- donner plus qu’on ne reçoit

Cela n’est pas sans nous évoquer la trop fameuse quête de l’alchimiste de Paolo Coelho dont le héros trouve à l’intérieur de lui-même ce qu’il espérait trouver en début de roman à l’extérieur de lui-même, dans l‘agitation du monde.

Présenté de la sorte, cela semble abordable. Cependant, nous nous devons de préciser que ça n’est pas une mince affaire au sens ou le changement engendre, et c’est humain, la peur de l’inconnu. Cette peur s’alimente de croyances qui sont autant d’idées négatives sur soi-même et qui ne sont pas pertinentes. Réinterroger ses croyances, ses schémas de pensées automatiques et ses comportements conditionnés participe du processus de bilan de l’âge mûr. Cet exercice est d’autant plus difficile qu’il demande de renoncer à l’agitation du monde pourtant si familière pour nous recentrer sur nous même.

Pour plus de renseignements quant aux modalités d’exécution de la prestation Bilan de l’âge mûr, vous pouvez nous contacter via le blog ainsi qu’à l’adresse mail suivante : paroleetactions@gmail.com

 « L’invention de soi – Une théorie de l’identité » de JP Kaufman, édition Armand Collin. 2004

 Fondateur de la Psychologie analytique, il fut un disciple de Freud et créa notamment les concepts d’Inconscient collectif (structuré par des archétypes universels) et de Synchronicité.

« Qu’est-ce que la philosophie ? » Gilles Deleuze et Félix Guattari, édition de minuit. 2005.

 « Maintenant ou jamais ! La transition du milieu de la vie » de C Fauré, édition Albin Michel. 2011.

 « Ce qu’il faut savoir avant de mourir » de J Izzo, édition Un monde différent. 2009.

P/O Parole et actions
Dominique

Parole et actions : Pourquoi la rencontre entre thérapeute et patient se fait ou ne se fait pas ?

Pourquoi la rencontre entre thérapeute et patient se fait ou ne se fait pas ?

Les quelques éléments théoriques que j’ai sélectionnés suivant leur degré de pertinence, ont vocation à nous inviter à la réflexion autour de cette question. Ils ne sont pas exhaustifs d’autant que chaque cas est différent et que seule la multiplication des études de cas nous permettrait sans doute d’aller plus loin dans la compréhension du processus thérapeutique.
L’ambition de cette petite réflexion se borne donc à clarifier un certain nombre de repères en matière d’enjeux et jongleries posturales que nous nous devons (patient et thérapeute) sinon de maîtriser, du moins de conscientiser ; et c’est déjà pas mal…

A la recherche du thérapeute suffisamment bon*…

Si nombre de praticiens ont pu posément effectuer un choix d’orientation universitaire en direction des études de Psychologie, d’autres dont je suis, ont connu des expériences précoces pendant la petite enfance et des relations familiales qui les ont amenés très tôt à développer une compétence à aider les autres et une résilience personnelle. Ces facultés se sont accrue durant la vie adulte au point d’autoriser au fil du temps une certaine souplesse personnelle.

Ce long commerce intime avec soi-même (étayé par la suite par un parcours académique**) permet donc de déployer notre manière d’être au monde plutôt que d’appliquer stricto sensu les théories et modèles de la Psychologie. Cette posture contient une part de risque puisqu’elle amène le thérapeute à s’ouvrir à leurs patients ; elle présente l’intérêt de favoriser l’intimité et l’intensité des interactions tout en prédisposant à une profonde compréhension de la souffrance humaine.

Le lecteur désireux d’approfondir la question de l’évaluation du suffisamment bon thérapeute se reportera avec profit à cet article de Jennings et Skovholt publié courant 2005 dans le Journal of mental health consulting sous le titre: « Cultural competence and master therapist: an inextricable relation ship ».

* La notion de «mère suffisamment bonne » (Winnicott) désigne la mère qui sait donner des réponses équilibrées aux besoins du nourrisson ; par opposition à la «mère pas assez bonne » qui laisserait l’enfant dans la souffrance et dans l’angoisse néantisant ou encore, à la «mère trop bonne » répondant trop aux besoin de l’enfant au point de ne pas lui laisser ressentir le manque qui est également nécessaire à sa constitution. , plus précisément à l’identification de son moi comme différencié de la mère.

** En France, si le titre de psychothérapeute n’est pas réglementé, la loi réserve depuis 1985 le titre de Psychologue aux personnes qui ont suivi une formation universitaire en psychologie de niveau Bac + 5 et obtenu un diplôme universitaire de 3° cycle à visée professionnelle.
Au terme d’une enquête approfondie, les auteurs présentent les caractéristiques qui permettent d’édifier le «thérapeute expert » qui possède un self *** hautement fonctionnel :

- il possède une bonne santé émotive : l’indice de cette bonne santé est l’acceptation de ses propres failles.

- il comprend la complexité et l’ambiguïté de la vie humaine.

- il rejette les théories et les modèles simplistes.

- il concentre son énergie pour son développement personnel

- il s’appuie au maximum sur les expériences de sa vie personnelle comme une ressource pour sa croissance.

- il a une grande confiance dans le processus thérapeutique.

- il accepte ses propres limites professionnelles.

- il accorde une grande valeur à ce que dit le patient.

- il est attiré par les réflexions abstraites sur la nature humaine.

- il manifeste une certaine humilité, mettant à distance toute idée de grandeur.

- il a un grand sens de l’empathie, issue de son expérience de vie.

- sa manière d’envisager le monde se compose d’un réseau dense de modèles, de pratiques et de procédures.

- il présente une bonne adaptation entre sa personnalité et son environnement de travail.

- il a une compétence à entrer dans le monde de l’autre et y apporter son aide.

- il est respectueux de la condition humaine.

- toutes ces années de réflexion et de croissance personnelle ont produit le self hautement fonctionnel

*** Selon Rogers et d’après Winnicott : manière d’être au monde qui évolue en fonction de l’interaction avec l’environnement, il s’agit donc d’un processus permanent qui se déploie aux frontières de l’intrapsychique et l’interpersonnel et qui se développe surtout lorsque la situation nécessite des ajustements créateurs. Il est d’autant plus présent que nous sommes en contact avec des situations difficiles et imprévisibles.
L’expertise du thérapeute se caractérise donc par une curiosité intellectuelle, un désir d’apprendre et une souplesse dans la pratique.

Il convient à présent de se pencher sur le profil du patient. Pour qu’il puisse y avoir interaction thérapeutique, il nous faut en effet à minima un thérapeute et un patient ; le seigneur de La Palisse ne m’aurait pas contredit sur ce coup là !!
Autre manière de le dire : Pourrait on isoler certaines variables propres aux patients susceptibles d’expliquer les résultats thérapeutiques… Quelles sont celles qui favorisent le changement ?

A la recherche du patient suffisamment bon…

Une littérature pléthorique traite fort savamment de cette question. Une distinction est opérée entre les caractéristiques externes (exemple : le soutien dont bénéficiera ou pas le patient), ou internes (l’intelligence, l’ouverture…). L’attention peut se porter aussi sur les caractéristiques invariantes (genre, appartenance ethnique…) ou évolutive (la motivation pour le changement). Elles peuvent être de nature psychologique (traits de personnalité) ou liés au système biologique.

Fidèle à une approche résolument pragmatique, nous développerons les résultats de l’étude de Hanna et Ritchie publié dans la revue Professional psychology: research and practice n°26 de 1995 sous le titre: « Seeking the active ingrédients, of psychotherapic change: within and outside the context of therapy ».

La focale pointe précisément ce qu’il en est de l’interaction entre les variables du patient et les variables du traitement proposé par le thérapeute. Les auteurs isolent 32 variables qui interviennent dans le changement thérapeutique. Concernant les patients, ils définissent sept facteurs qui vont jouer un rôle dans le processus thérapeutique:

- le sentiment qu’un changement est nécessaire : le patient sent que cette thérapie est indispensable et qu’il doit impérativement changer. Sans cela, il aura l’impression de perdre son temps pendant les consultations. C’est autant un sentiment qu’une évaluation de sa situation.

- le patient doit accepter de vivre les difficultés et l’anxiété que pourra apporter la thérapie : c’est le contraire du comportement défensif. Le patient doit être prêt, désireux et préparé à faire face aux difficultés et émotions qui feront surface. Sans ce consentement, le patient sera distant, détaché et voudra que le thérapeute fasse tous les efforts.

- la conscience : il s’agit de percevoir la présence d’un problème et la nature de ce problème. Cela signifie que le patient peut identifier les cognitions, les affects, les comportements et les relations interpersonnelles qui ont besoin d’être remaniés.

- la confrontation du problème : c’est une action qui amène le patient à faire usage de son attention et de ses ressources en vue de faire face au problème en dépit des peurs et autres réactions d’évitement. Lorsque la confrontation est combinée à la reconnaissance du problème et à l’acceptation de passer par des moments générateurs d’anxiété pendant la thérapie.

- l’effort : il s’agit du déploiement de ressources ou d’énergie physique ou mentale délibérée et de l’intention qui y est associée.

- l’espoir regroupe les attentes réalistes ou positives du patient d’une amélioration prochaine de son état.

- le support social : ce support provient d’un réseau d’amis ou de la famille, qui se montre empathique, prêts à aider, à encourager, et à ouvrir émotionnellement. Il inclut la relation thérapeutique.

Ces variables constituent les ressources du patient. Selon les auteurs, la résistance des patients à la bonne marche de la thérapie, ne serait en fait qu’un manque dans les habiletés décrites ci-dessus. De sorte que la préparation à la thérapie pourrait alors jouer un rôle dans leur acquisition et un résultat positif pourrait en advenir. La capacité de changer pourrait alors être envisagée comme une compétence qui peut s’acquérir.

Mais alors, quand l’alliance des suffisamment bons opère enfin, y se passe quoi en définitive ?

Dans son ouvrage intitulé : « Constructive psychotherapy : a practical guide » (1989), on notera au passage que les étasuniens et nos cousins les québécois ont cette capacité qu’énonçait avec emphase Nicolas Boileau, un auteur à la perruque poudrée bien de chez nous : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément… ». Or donc, M Mahonney se penche précisément sur la question de l‘apprentissage du changement. Il explique que l’expérience du changement est fondamentalement la même qu’elle se passe dans le cadre d’une psychothérapie ou en dehors (quand la modestie du thérapeute est de mise). Il s’agit d’un processus très personnel qui ne peut pas être résumé par une liste d’étapes. L’expérience du changement est relative à chaque individu et ne peut pas être séparée de l’expérience tacite et des tensions, elle va provoquer de l’évitement, des choix ambivalents, de la réactance, de l’auto-protection et bien d’autres choses encore.

Pour décrire cette oscillation, cette valse-hésitation entre l’immobilisme et le changement, Mahonney privilégie deux dimensions que sont :

- la dimension «activité/Passivité »
- la dimension « Expansion/Contraction »

Soit le tableau suivant :

EXPANSION

Réceptivité/ Exploration
Confiance / Espoir
Capacité à s’autoriser/ Engagement
Joie

PASSIVITE // ACTIVITE

Désespoir/Vigilance
Apathie/ Inquiétude
Dépression / Anxiété
Désengagement/ Evitement

CONTRACTION

En guise de conclusion…

Pour qu’il y ait EXPANSION, il faut que le patient se sente en sécurité d’où, on l’aura compris, l’importance de la qualité de la relation thérapeutique comme pré-requis indispensable à l’ouverture aux autres et à de nouvelles manières d’être. Tout un chacun transitera par chacune de ces étapes suivant une géographie émotionnelle hautement singulière. En tenir compte dans la démarche de soin est donc la garantie à défaut de soigner, de ne pas davantage esquinter son patient.

p/o Parole et actions
Dominique